15. sept., 2022

Concurrence : « Entre Paris et Lyon, le prix des billets de train a baissé d’environ 7% »

Par Clément Peltier Le Sep 14, 2022

Selon une étude de Trainline, l’ouverture à la concurrence est un facteur incitatif à prendre le train pour un tiers des Français.

Quatre ans après l’adoption de la loi sur l’ouverture à la concurrence du train en France, le bilan de l’ouverture du trafic voyageurs reste encore, il faut le dire, assez restreint. Seul Trenitalia s’est positionné sur la ligne grande vitesse Paris-Lyon fin 2021. Pour autant, les choses avancent dans le bon sens. C’est en tout cas ce qu’ont affirmé les intervenants de la table ronde organisée par Trainline mercredi 14 septembre à Paris, intitulée « Ouverture à la concurrence : contexte et perspectives en France ».

Si les trois opérateurs invités (Trenitalia, Railcoop, Transdev) concèdent que l’arrivée sur le marché comporte un certain nombre de difficultés, tous s’accordent pour dire que « nous vivons une situation historique avec la possibilité d’accélérer la transition écologique grâce au train et ainsi réduire la consommation » selon les mots de Roberto Rinaudo, le directeur général de Trenitalia France.

La concurrence : « une source d’avantages »

« Nous ne pouvons qu’être d’accord, Railcoop est la traduction réelle et objective de l’engouement pour le ferroviaire, a abondé Alexandra Debaisieux, la directrice générale déléguée de Railcoop. Pour exemple nous comptons 13 000 sociétaires, dont 200 entreprises, associations et même des collectivités et des régions. Il y a une réelle attente globale pour le train. Effectivement, l’entrée sur le marché ferroviaire français n’est pas simple. Il y a un certain nombre d’obstacles comme l’accès au matériel roulant. Puis les questions des homologations, les sujets techniques avec les gares. Mais il y a un enjeu politique très fort. Et ce n’est pas la technique qui doit guider le politique. »

Trainline, la plateforme européenne indépendante de vente de billets de train et de bus, a profité de cette table ronde pour dévoiler les résultats de son étude menée avec OpinionWay mi-août.

Selon elle, « les jeunes de 18-24 ans perçoivent l’ouverture à la concurrence des trains plus souvent comme source d’avantages (51%), plus que les seniors (43%). Par ailleurs, 34% des Français et 64% des 18-24 ans estiment que la fin du monopole de la SNCF constitue un facteur incitatif à prendre le train. »

Baisse des prix

Le lancement de la ligne Paris-Lyon par Trenitalia a permis d’augmenter le report modal vers le train, car tous les opérateurs ont connu une augmentation de vente de billets entre fin décembre et fin août : +18% pour les TGV, +57% pour OUIGO et surtout +176% pour Trenitalia, pour une augmentation moyenne totale de 58% sur la ligne, selon Trainline. 

De même, depuis l’ouverture à la concurrence sur la ligne Paris-Lyon, le prix des billets a baissé d’environ 7%, passant de 45 euros à 42 euros en moyenne.

Ainsi, malgré leur différence de vision sur les moyens à mettre en œuvre pour distribuer les billets, tous les acteurs estiment qu’augmenter la part modale du train est synonyme de transition vers l’un des modes de transport les plus verts.

4 français sur 10 à convaincre

« Aujourd’hui, 59% des Français disent être attentifs à l’impact écologique de leur mode de déplacement au moment de le choisir. Les jeunes de 18 à 24 ans sont 90% à intégrer ce critère dans leur choix au moment de décider de leur moyen de déplacement » s’est réjoui Christopher Michau, le directeur des relations opérateurs Europe de Trainline.

Reste que quatre Français sur dix ne prennent strictement jamais en compte l’écologie lors de leur déplacement (41%). Un vrai travail de pédagogie est à mettre en place. Ainsi qu’une meilleure ouverture à la concurrence.